Nucléaire: incidents en série à la centrale de Paluel

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Médiapart de ce jour

PAR JADE LINDGAARD, MICHEL DE PRACONTAL

Extraits

(…)  » De toutes les difficultés qui affectent Paluel, la plus inquiétante est la défectuosité de certaines gaines de combustible, estime l’une de nos sources. Pourquoi ? Parce que ces gaines en alliage métallique constituent la première des barrières qui isolent la matière radioactive de l’environnement extérieur. Elles ont la forme de longs cylindres dans lesquels sont empilées de petites pastilles d’uranium radioactif. Ces «crayons» sont réunis en «assemblages» qui forment le cœur du réacteur.(…)(…) Le réacteur est une sorte de chaudière : les réactions nucléaires qui se produisent dans le combustible radioactif font chauffer l’eau du circuit primaire, qui à son tour transfère sa chaleur au circuit secondaire ; l’eau du circuit secondaire est vaporisée et la vapeur fait tourner la turbine qui produit l’électricité.(…)(…) Le combustible radioactif, contrairement au charbon d’une chaudière classique, ne doit jamais être en contact avec l’environnement extérieur. A cette fin, les autorités nucléaires françaises ont élaboré une «doctrine de la sûreté» dont un principe de base consiste à enfermer la matière radioactive derrière trois «barrières»: d’abord la gaine du combustible ; ensuite la cuve et le circuit primaire ; enfin, l’enceinte de confinement du réacteur ». (…)

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Les trois barrières de protection du combustible radioactif. » Or, à la centrale de Paluel, il est avéré, par les témoignages que nous avons recueillis et les documents que nous avons pu consulter, qu’au moins un assemblage du cœur de la tranche 3 contient un ou plusieurs crayons défectueux. Autrement dit, dont la gaine est fissurée. Comme il y a toujours une fuite dans le circuit primaire, cela signifie que deux des trois fameuses barrières ne sont plus étanches. Le ou les assemblages en cause sont neufs et ont été placés dans le cœur lors du dernier rechargement, en mars 2011. D’après la direction de la centrale, les éléments concernés survenu  ont été fabriqués par Westinghouse

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On est en train de pourrir tout le bâtiment réacteur !» s’inquiète un agent, qui considère que la fuite actuelle de combustible à Paluel «peut basculer sur des phénomènes incontrôlables». Or EDF a pour l’instant décidé de laisser tourner le réacteur en l’état, potentiellement jusqu’à la fin du cycle (autrement dit le prochain arrêt pour rechargement du combustible), dans un an environ. «Je ne comprends pas qu’on ne décide pas d’arrêter», insiste l’une de nos sources « . (…)

 Et en conclusion de cet article de 5 pages, Médiapart écrit :

 » Au cours de cet arrêt de tranche de 30 jours, certains agents reçoivent la moitié de la dose annuelle autorisée de radioactivité. Parmi eux, un agent de conduite EDF a fait examiner ses selles. Mediapart a eu accès au résultat de son examen médical (voir ci-dessous) : son organisme recèle des traces de césium, d’uranium et de plutonium. Tous cancérigènes à partir d’une certaine dose.«Il avait avalé des poussières radioactives», explique Philippe Billard. Des microdoses, chaque fois en dessous des normes, qui ne s’en accumulent pas moins dans l’organisme. Le syndicaliste adresse alors un courrier à la direction de la centrale (voir ci-dessous) pour l’alerter sur la présence de rayonnement alpha, très dangereux pour la santé, sur la tranche n°4. L’homme contaminé a depuis quitté le nucléaire.Philippe Billard, lui, a fondé une association, «Santé-sous-traitance». Pour défendre la santé des sous-traitants qui représentent aujourd’hui environ la moitié des travailleurs du nucléaire. «La peur aujourd’hui de la population dans un accident nucléaire, c’est d’être contaminée et d’attraper un cancer. Eh bien nous, nous sommes contaminés régulièrement dans les centrales. Et on attrape des cancers. L’accident est déjà arrivé chez nous. Nous sommes les liquidateurs de tous les jours.» Des liquidateurs en France ? Ne nous a-t-on pas dit et répété que la catastrophe, c’était pour les autres, ceux qui n’appliquent pas nos principes de sûreté, qui n’ont pas la chance de posséder notre organisation d’expertise et notre autorité nucléaire «indépendante»?Ni franchement catastrophique ni vraiment rassurante, la situation de Paluel illustre au quotidien le fait que le système est vulnérable. Qu’il fonctionne avec des défaillances permanentes techniques et humaines, qui alimentent un climat général de méfiance, sinon de paranoïa. Que les grands principes de la sûreté ne sont pas respectés dans la dure réalité. Que la course à la productivité tend à prendre le pas sur l’exigence de sécurité. Et que la multiplication des contraintes à respecter pour que ce système continue à fonctionner le rend de plus en plus inhumain. « ABONNEZ VOUS A MEDIAPART.FR

Centrale de Paluel : EDF sur les traces de Tepco ?

Coupé/collé d’un tract de la CGT de PaluelVoilà de nombreux mois qu’une fuite d’iode radioactif existe dans l’une des tranches de la centrale de Paluel.

Cela a commencé en plein hiver 2011, dans une période la demande d’électricité était la plus forte. Le CHS-CT s’en est saisi, et a engagé toutes les procédures nécessaires; Le syndicat CGT, de même. Mais rien n’y fait !

EDF a décidé de ne pas arrêter la tranche incriminée, et de poursuivre coûte que coûte la production; il faut que l’argent rentre coûte que coûte ! EDF attend, semble-t-il, le prochain arrêt de tranche prévu à l’automne pour intervenir plus efficacement, sous prétexte que, d’ici cette date, le seuil maximum légal de milisievert n’aura pas été atteint.

En attendant, elle a tout de même envoyé des salariés dans le bâtiment réacteur en pleine puissance, pour repérer l’origine de la fuite et son ampleur. Faire intervenir des salairés dans le bâtiment réacteur en puissance, c’est à dire alors que la tranche est en fonctionnement, cela ne s’est jamais vu !

Alors que Régis Debray, invité à l’émission de Marc Voinchet sur France Culture le 15 juin dernier, développait, dans l’échange qu’il a eu avec les journalistes, l’idée que dans les démocraties occidentales personne n’engage plus sa vie comme ce fut le cas pendant les grandes guerres (14-18, et 39-45), des salariés de la centrale de Paluel l’ont pourtant fait; c’est en France et en 2011 ! Et les salariés des entreprises soutraitantes d’EDF le font d’ailleurs régulièrement. Il n’y a que dans le salons que l’on fait mine de croire que personne en France ne risque sa vie au travail en le sachant !

Pourquoi ? La direction de la centrale a, ici, fait pression sur mes salariés, en déclarant que s’ils n’intervenaient pas, et si l’on arrêtait la tranche, la Bretagne risquerait de ne plus avoir d’électricité.

Il est vrai que, et tout le monde fait mine de l’oublier, l’entreprise n’est pas un lieu de démocratie. Merci à EDF de nous le rappeler !

Mais pour la CGT, Sécurité nucléaire = respect des salariés ! Et ce respect passe par le respect des Instances Représentatives du Personnel ! Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas ce qui se passe à Paluel aujourd’hui !

Voir l’originalhttp://cgt-dieppe.over-blog.com/article-centrale-de-paluel-edf-sur-les-traces-de-tepco-76915016.html

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