Durant l’été « on » aidera beaucoup les banques à se débrouiller toutes seules

Q : Les membres de la zone euro ont de plus en plus de mal à masquer leur déchirement sur la stratégie à tenir face aux problèmes financiers et ça ne rassure ni les marchés, ni les contribuables… L’été risque d’être très chaud…

 La chronique de Christian Menanteau.

Ecouter  Chrisitan Menanteau | 13/07/2011 – 07h37 Crise de la dette : les banques françaises en première ligne La chronique du 13 juillet 2011 sur RTL

L’été c’est souvent en matière financière la période des mauvais coups. Souvenez-vous : les premiers venins de la crise des Subprimes ont été ressentis au cours de l’été 2007. C’est au cours du mois d’août 1971 que Richard Nixon a bouleversé le système monétaire international et posé les bases de ce qui est devenu la financiarisation de l’économie internationale. Et là, nous constatons en ce début d’été l’impuissance et les gesticulations des Européens autour du sauvetage de la zone EURO. Alors, bien sûr, tout cela inquiète les financiers. Non sans raison : il ne faut jamais oublier que ce sont ces derniers qui tiennent quand même les cordons de la Bourse. Et ce ne sont pas les tests de résistance que Bruxelles vient de leur faire passer et qui pourraient révéler quelques vilaines surprises qui vont améliorer la situation.

Q : Justement, on murmure que les banques françaises sont très exposées à la dette grecque. Est-ce que c’est exact ?

Absolument. Les établissements français sont même les plus engagés dans ce pays. On évalue leurs créances à un minimum de 80 milliards d’Euros. Pour être très précis, d’après les dernières statistiques disponibles de la Banque des Règlements Internationaux, les Français étaient en risque de 78 milliards d’EUROS fin 2009. Depuis, vous vous doutez que la situation ne s’est pas franchement améliorée. Si on examine plus attentivement les positions des différents établissements, on constate que le maillon faible est le Crédit Agricole qui, à lui seul, monopolise près de la moitié du risque tricolore. Environ 30 milliards. Essentiellement à cause de sa filiale locale l’Emporiki Bank de Grèce. Cela dit, BNP Paribas, Société Générale, BPCE et les autres sont aussi bien plombées. L’addition de ces risques place les banques françaises en tête des banques mondiales les plus exposées dans ce pays devant les allemandes et les britanniques.

Est-ce que les Etats peuvent laisser les banques se débrouiller toutes seules ?

C’est la grande question. Au-dessus de ce dossier grec plane le spectre de la faillite de la banque américaine Lehmann Brothers qui a déclenché la pire crise depuis 1929. Pas à cause de sa faillite proprement dite d’ailleurs mais par le choc psychologique que cette opération vérité a provoqué. Tout le monde a alors compris que nous étions pour une large part dans un système économique dont le grand architecte est le frère jumeau de Maddof. C’est cette analyse que les gouvernements européens -en tout cas, ceux qui ont du mal avec leurs finances publiques- ne veulent pas laisser prospérer une deuxième fois. Alors rassurons-nous, l’été c’est aussi la saison durant laquelle se concocte l’appel à la générosité des contribuables. On aidera beaucoup les banques à se débrouiller toutes seules.

Algérie : One blog away |
eric fevrier cantonales 2011 |
Le Blog de "l'Africain" |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | tropcesttrop
| LA PHILOSOPHIE (POLITIQUE) ...
| Le défi démo-cratique en Al...