Chez les fêlés du bocal, les cornichons sont rois

Puisqu’il ne se passe rien sur ce blog de fainéants, autant en profiter pour aller voir ailleurs, histoire de ne pas s’endormir avant de passer à l’action.

Ce récent billet du Yéti vous donnera, je l’espère, une motivation suffisante pour explorer les balises de ce blogueur lucide.

Et vous pourriez également faire une recherche efficace sur votre moteur de recherche préféré pour lire ou relire quelques textes d’André Gorz ou d’Ivan Illich

A consulter sans modération http://yetiblog.org/

Tordre le cou à un mythe : la croissance nuit gravement à la santé

par Le Yéti – La chose publique

Quand on est addict à une drogue, on finit par en abuser sans même plus se préoccuper du plaisir qu’elle est censée vous procurer. Ainsi du pochard qui siffle ses litrons sans souci du nectar, du clopeur qui débite ses paquets sans humer ses volutes. Et que dire des accros à cette idée de croissance qui nuit si salement à leur santé mentale ?

Parce qu’enfin, c’est quoi, cette croissance dont ils nous rebattent les oreilles, sans laquelle leur monde s’écroule, et qui finit par nous polluer grave la vie ? Qu’est-ce que c’est que ces nouvelles “richesses” qui sont censées en découler ?

Fukushima, une aubaine pour la croissance japonaise

Est-ce donc ces augmentations artificielles de masse monétaire, ces jeux de casino suicidaires par lesquels un système financier mafieux (Bernard Madoff dixit) est en train de s’envoyer joyeusement par le fond, et nous avec ?

À quelle création de richesses participent-ils, ces constructeurs automobiles qui veillent jalousement à ce que les bagnoles qui sortent de leurs chaînes n’excèdent pas une certaine durée de vie, ceci afin d’accélérer artificiellement le renouvellement du parc (phénomène d’obsolescence) ?

En quoi ces centaines de modèles de téléphones portables jetés en pâture aux mordus du SMS améliorent-ils notre confort de vie ? Plus encore, avons-nous besoin d’avoir le “choix” entre les centaines de piles différentes qui les alimentent, les centaines de systèmes de chargement qui moisissent dans nos tiroirs une fois les binious trépassés ?

Sait-on que les réparations du désastre de Fukushima vont entraîner mécaniquement une augmentation du PIB japonais, sans doute même créer des emplois ? Croissance, vraiment ? Augmentation de richesses, vraiment ?

Quand la croissance devient un réflexe pavlovien

Bon, ne jouons pas les vieux ronchons réacs. Bien sûr que la croissance avait un sens quand elle permettait de créer les biens et les services qui manquaient réellement aux populations. Mais est-ce vraiment le cas aujourd’hui, dans nos sociétés gavées, qui produisent du vent ou du gaspillage éhonté dans le seul but d’alimenter une machine détraquée ?

La croissance “durable” ? Est-on sûr qu’elle compensera l’arrêt de la croissance “inutile et destructrice” ? Et sinon que fait-on ? On continue à produire un petit peu “inutile et destructeur” pour sauver la machine ? Absurde.

La croissance économique est comme celle des ados : il y a un moment où elle s’arrête logiquement et où commence la période adulte, celle de la gestion pépère des forces parvenues à maturité. Nous en sommes là, mais notre monde financier, économique et politique nous offre aujourd’hui le spectacle névrotique d’une crise d’adolescence prolongée à l’excès.

Mus par des réflexes quasi pavloviens, ils ressassent les mêmes scies sans même plus savoir réellement de quoi ils parlent. Demandez-leur à quelle croissance ils font allusion et vous verrez qu’ils ne sont pas foutus de vous répondre vraiment. Sinon que c’est pour “créer des emplois”, “réduire la dette publique”…

Chez les fêlés du bocal, les cornichons sont rois

La machine économique est devenue pour eux, et hélas pour le plus grand nombre, non plus un moyen de production, mais un but en soi. Là encore, on ne travaille plus pour produire un bien ou un service utile, mais pour avoir un emploi. La finance ne finance plus des projets, elle se gave toute seule dans son coin et sur le dos du reste.

La vérité est qu’ils ont oublié les fondamentaux de l’activité économique. Ou fait mine d’oublier. Parce que, il faut bien le dire, piloter la machine, même hoquetante, même dans le vide, est aussi un moyen assuré pour certains d’asservir la masse molle des crédules.

Dis donc, Yéti, tu radotes. Tu nous l’as déjà rabâché mille fois que la croissance est une idée morte. En t’appuyant sur les travaux d’un certain André Gorz, même, je me rappelle.

Ben, faut croire que ça ne suffit toujours pas, serin chicaneur. Regarde un peu les programmes des candidats à notre future présidentielle. Tu constateras par toi-même. Chez les fêlés du bocal, les cornichons sont rois.

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