Victime de viol, je suis dégoûtée par la mascarade Tristane Banon

Par Virginie Martin et Coline Clavaud-Megevand, pour Marielle, Erika, Claire et les autrescopié/collé de http://www.rue89.com/2011/09/26/victime-de-viol-je-suis-degoutee-par-la-mascarade-tristane-banon-223677

Dommage, ce billet ne va intéresser personne… pourtant l’histoire est moche. Victime d’un viol il n’y pas si longtemps, d’un vrai ; quand tout s’imprime dans ta tête et que tu sais que « tu vas y passer ». Tu l’as lu dans ses yeux. Un viol comme dans « Baise-moi » [le film de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, ndlr], un mauvais parking, une mauvaise fille. La vraie vie. Une vraie vie sans média planning, une vraie victime, dans la colonne correspondante, juste une vraie statistique dans les dossiers des flics.Pas une bousculade ancienne entre gens d’une oligarchie inaccessible, dans un appartement surchauffé à moquette épaisse. Non une agression, un parking, du béton, une cage d’escalier, une arme très blanche, des mains qui te serrent, des yeux qui te transpercent, des jambes qui te maitrisent et ton corps qui te dit :

« Laisse-toi faire sinon en plus il va finir par te crever… »

Et bien ? Ça n’est pas assez esthétique comme viol pour que l’on s’y intéresse ? Dois-je, la prochaine fois, naître dans un autre milieu, avoir accès aux médias et me faire toucher par un « puissant » pour que vous parveniez à me voir ? Vous, les journalistes, les politiques, les associations féministes, la justice… ?

En confidence, je dois avouer deux ou trois choses : je vomis les images esthétisées de cette femme éthérée qui s’affiche partout jusqu’à la nausée. Lunettes noires, vitres fumées, flash, écrans brillants des télévisions, manifestations, encre brune des journaux.

Merci Madame de fermer votre très grand média planning

Je méprise cette femme qui croit défendre la cause et qui ne voit qu’elle.

Je vomis cette mascarade qui me fait apparaître comme une fille minable, sans intérêt et sans valeur. Mon viol à moi ne compte pas… malgré la froideur du béton, l’haleine du garçon, la folie dans ses yeux, son sexe dans le mien et son sperme peut-être HIV en moi…

Visiblement, même quand on est violentée sexuellement, seule la hiérarchie sociale compte. Deux limousines, des gens pour ouvrir des portes, des équipes de communicants… Mon violeur agresseur et fou ne passera pas au 20 heures et la police prendra ma plainte du bout des doigts.

Je méprise cette femme qui, en quelques coups de sac de marque, condamne les anonymes au silence et à leur douleur devenue, par comparaison, ridicule car non bankable.

Merci Madame de fermer votre très grand média planning

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