Il faut abolir le privilège de création monétaire des banques

copié/collé 2011 SEPTEMBRE 27 by Stan

Extraits d’un article particuliérement stimulant.

Je ne le colle pas dans sa totalité, parce qu’en conclusion, l’auteur bascule dans de doux rêves libertariens …

Mais les explications claires qui suivent, aideront certainement un grand nombre de lecteurs à mieux comprendre et la monnaie et la banque 

source : http://www.tetedequenelle.fr/2011/09/abolir-la-creation-monetaire-banques/

 

Après avoir fait la synthèse du fonctionnement des réserves fractionnaires (ou comment les banques créent de la monnaie), je voudrais à présent expliquer ce pourquoi ce système est intrinsèquement néfaste, et par conséquent, pourquoi il faut l’abolir (et construire autre chose).

Nous verrons tout d’abord en quoi ce système instaure une monnaie illusoire, fondée sur de faux présupposés économiques, puis comment il entretient par nature une économie pyramidale à l’origine de bulles spéculatives et de crises financières. Enfin, j’évoquerai en fin d’article les pistes à explorer pour une refonte des règles de la création monétaire.

Un mensonge qui protège les banques


Parce que 92% de la masse monétaire est en fait constituée de reconnaissances de dettes, mais que l’on appelle quand même cela de l’« argent », on fait croire aux gens que leurs soldes bancaires correspondent effectivement à ce qu’ils possèdent. Mais en vérité, ce qui apparaît sur votre compte en banque, ce n’est que le montant que la banque doit vous rembourser. Autrement dit, il ne s’agit -encore une fois- que d’une reconnaissance de dette dont le remboursement dépend… d’autres reconnaissances de dette !

En effet, pour peu que tous les clients de la banque demandent à retirer leur argent en même temps, celle-ci sera absolument incapable d’honorer ses engagements, et les déposants seront spoliés.

Alors bien sûr, si chacun se renseignait et lisait les petites lignes du contrat qui le lient à sa banque, il saurait que son solde bancaire ne correspondrait pas à la valeur réelle de son épargne, mais à une créance de la banque envers lui et comprendrait alors qu’il n’est plus propriétaire de son argent. Mais est-ce que ce fonctionnement est intuitif ? Preuve que non : me voilà obligé d’expliquer tout ceci.

Pour ajouter de la confusion au système, les États ont mis en place des systèmes de garantie des dépôts, qui imposent aux banques de cotiser à une sorte d’assurance des banques, qui sera chargée de liquider la banque et de rembourser les déposants (à hauteur de 100.000 euros en France) en cas de faillite.

Mais ce système n’est qu’un vaste écran de fumée ! En France, le fonds de garantie des dépôts ne dispose que d’un capital de 1,8 milliards d’euros (qui est visiblement placé sur les marché si j’en crois le bilan comptable du fonds…), alors que ce sont plus de 513 milliards d’euros qu’il s’agit de couvrir, rien que pour les dépôts à vue ! Bref, ce système n’est pas du tout apte à faire face à une faillite systémique du secteur bancaire (mais il reste bien utile pour endormir l’opinion publique).

L’hypocrisie géante à ce sujet explique en grande partie pourquoi les banques sont toujours renflouées dès que la faillite menace : l’État s’est placé responsable des dépôts alors qu’il est tout simplement incapable de de tenir sa promesse. Dès lors, il est préférable d’éviter que la situation ne se produise, quitte à faire payer les contribuables.

Le mensonge a assez duré. Il faut enfin expliquer aux gens la véritable nature du système économique auquel ils participent : ils ne sont pas propriétaires de leur argent, ils sont propriétaires de reconnaissances de dettes et leurs épargnes n’ont jamais été à l’abri dans les banques que grâce aux sauvetages successifs de ces dernières.

Le problème, c’est que dire ça entre en collision avec la définition d’une bonne monnaie telle que définie (et acceptée) par la plupart des économistes. En effet, peut-on vraiment considérer que la monnaie a une fonction de « réserve de valeur » si celle-ci n’est que constituée d’anticipation de remboursements de reconnaissances de dettes ? J’en doute.

Mais dévoiler simplement le mensonge suffirait-il à résoudre le problème du système bancaire ? Absolument pas, car celui-ci est justement basé sur un faux concept : celui qu’une reconnaissance de dette puisse être assimilée à de la « monnaie ».

Reconnaissance de dette et valeur monétaire


Un des fondements majeurs de la théorie monétaire justifiant le modèle bancaire d’aujourd’hui, c’est qu’une reconnaissance de dette peut être « monétisée » (c’est-à-dire échangée contre de l’argent frais) et que dès lors, cette reconnaissance de dette a forcément une valeur monétaire. Ce principe est non seulement partiellement faux, mais même s’il était valide, son application de manière juste serait purement impossible.

Personne ne peut nier qu’une créance a une certaine valeur : elle est l’engagement à verser un revenu futur. Si un créancier a besoin de cash plus rapidement que l’échéancier de remboursement ne le lui permet, nul doute qu’il trouvera quelqu’un qui lui prêtera de l’argent, ayant la garantie que celui-ci dispose de revenus futurs via la reconnaissance de dette qu’il possède (un autre scénario plus simple est que la reconnaissance de dette peut être rachetée). De fait, disposer d’une créance permet aussi de disposer de cash assez facilement, ce qui est d’ailleurs utile à la bonne allocation des richesses puisque cela augmente la liquidité du marché.

Il est donc difficile de nier qu’une reconnaissance de dette a une certaine valeur. Mais cette valeur est-elle certaine ? C’est là la véritable question.

Valeur symbolique vs. valeur réelle
Ici, il faut différencier la valeur réelle de la valeur symbolique. La valeur réelle est la quantité de pouvoir d’achat que m’octroie une somme de monnaie. La valeur symbolique est la valeur perçue d’un bien. Celle-ci est donc sujette à évaluation, elle est subjective. Les 100 euros dans votre poche ont une valeur réelle tandis que la valeur des 10.000 euros que vous devez à votre banque est symbolique : elle peut diminuer à tout moment en fonction de votre aptitude à rembourser ce prêt.

De sorte que si je prête 10.000 euros à Gertrude et que je veux monétiser cette dette, il est peu probable que mon banquier me prêtera pile poil 10.000 euros. Par prudence, il préférera certainement m’en prêter 8.000, au cas où Gertrude n’honore pas ses engagements. Et de plus, je paierais des frais au banquier pour le concours de trésorerie qu’il m’accorde. La valeur nominale de la créance ne permet donc que très rarement d’obtenir la même quantité de cash (et encore moins gratuitement).

Pourtant, par le processus d’émission de crédit (et donc de monnaie via la double écriture comptable), la « monétisation » de la dette est opérée de manière automatique par la banque, qui considère que le montant de la créance lui sera forcément remboursé en intégralité. Ceci alors que dans l’économie réelle, un tiers n’acceptera une reconnaissance de dette contre du cash seulement après négociation et étude de la créance en question et de la solvabilité du débiteur, comme je l’ai expliqué plus haut.

Cette différence est à la fois flagrante et primordiale : dans un cas la monétisation est décidée unilatéralement, dans l’autre, elle est sujette à négociation, elle est étudiée et acceptée (ou non) par un tiers, et avec un coût financier pour le bénéficiaire de la monétisation. Il y a donc une meilleure appréciation du risque et un partage clair des responsabilités de chacun.

Le système de réserves fractionnaires, parce qu’il omet ces nuances, profite irrémédiablement aux banques, puisqu’elles possèdent le privilège de pouvoir monétiser des dettes à tour de bras. Ce qui nous amène au point suivant : le système monétaire dans son ensemble, parce qu’il est fondé sur des reconnaissances de dettes, est intrinsèquement pyramidal.

Un système pyramidal


Même en admettant que toute reconnaissance de dette est totalement monétisable, la moindre des choses serait que chacun dispose du même droit de le faire. Mais cela n’est bien sûr pas le cas. Lorsque vous avancez 100 euros à un ami, vous les lui donnez vraiment en vous débarrassant de quelques billets ou en diminuant votre solde bancaire en faisant un virement bancaire. En aucun cas, le mécanisme de monétisation ne s’applique pour vous, pauvres petits citoyens !

Parce que les institutions de crédits sont les seules à pouvoir monétiser automatiquement leurs propres créances, elles disposent d’un monopole de l’approvisionnement de monnaie dans l’économie.

Par conséquent, les banques disposent d’un pouvoir immense : celui de décider qui a le droit de disposer de monnaie, à quel prix, et pour faire quoi. Elles ont donc indirectement le pouvoir de décider unilatéralement de ce qui a de la valeur dans l’économie et mérite d’être financé, selon bien sûr des critères propres : la solvabilité et la rentabilité (les valeurs non marchandes repasseront plus tard).

Un tel pouvoir sur l’ensemble de l’économie est un privilège indu dans le cadre d’une économie libérale.

Il est d’ailleurs curieux de noter que la monétisation des dettes ne s’applique pas de manière généralisée dans la finance. Les marchés obligataires, par exemple fonctionnent sur le principe inverse, le crédit mutuel. Lorsque les banques achètent des bons du trésor de l’État, elles transfèrent réellement une partie de leur stock de monnaie sur le compte du Trésor français. Il n’y a donc pas création monétaire alors qu’il s’agit bien ici aussi de dette… Étonnant, non ?

Mais rassurez-vous, en cas de problème, cette monétisation devient possible par la grâce des banques centrales, qui mettent en place des opérations de rachat ou de mise en pension d’actifs « éligibles ». Ce processus permet ainsi aux banques de se délester de leurs actifs contre de l’argent frais tout droit issu de création de monnaie scripturale par la banque centrale. De même que les banques commerciales, la banque centrale peut ainsi décider d’attribuer de la valeur à certains actifs en acceptant de les monétiser. Par exemple, les titres de dette souveraine (y compris les bons grecs alors qu’ils sont très mal notés) sont considérés par les banques centrales comme ayant de la valeur, tandis que s’agissant de créances entre particuliers, c’est bien sûr une autre affaire.

Par la complicité des banques centrales qui, en prétendant contrôler la stabilité monétaire, ne font que servir les intérêts des banques commerciales, nous avons en fait ici un système totalement pyramidal, dont l’architecture repose sur une interprétation aléatoire et arbitraire du concept de valeur.

Les conséquences de telles fallacies sont bel et bien tangibles dans l’économie : il suffit d’observer la différence entre les taux d’intérêts moyens des crédits aux entreprises et des ménages pour comprendre qu’il faut être gros (ou mieux : être « too big to fail ») pour pouvoir profiter du système. Pourquoi ? Parce que les gros ont bien souvent plus de reconnaissances de dettes que les autres. Ils disposent d’actifs que les banquiers veulent bien monétiser. De sorte que plus on est proche du robinet à monnaie de la banque centrale, moins le « loyer de l’argent » est élevé.

D’ailleurs, comme par hasard, de plus en plus de grands groupes créent leurs propres banques, comme le cas Siemens l’a récemment mis en lumière.

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Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que les gros deviennent toujours plus gros ? Et que les petits peinent à devenir riches ? En vérité, le système monétaire est le meilleur allié du capitalisme sauvage et de l’esclavagisme moderne car il impose à toute l’économie l’ordre et la hiérarchie économique qui découlent de la conception de valeur qu’il a unilatéralement fixée.

A la lumière de ces explications, on peut se demander : comment se fait-il que le système tienne en place ? Le truc, justement, c’est que le système ne fonctionne pas du tout !

Crises financières, problèmes monétaires


Les multiples crises financières et monétaires en sont des preuves flagrantes : le système trébuche cycliquement, et devrait bientôt finir par s’effondrer. Car malgré les apparences et ce que nous racontent les médias, une grande partie des problèmes actuels n’est pas seulement due à un manque de régulation ou à un excès de spéculation, voir à un excès de déficits publics. Tout est lié à la monnaie, comme nous allons le voir.

Tel le sang qui irrigue le corps humain, la monnaie doit bien circuler dans l’économie pour que celle-ci atteigne un optimum. Le problème actuel, c’est que l’on a confié le tuyau d’arrosage au système bancaire privé qui l’utilise à son avantage. Et comme les banques n’ont (presque) aucune limite dans l’utilisation du tuyau elles usent et abusent de leur pouvoir. Et d’ailleurs, pourquoi se priveraient-elles ?

Le marché est incapable de s’autoréguler
C’est bien simple : plus les banques arrosent l’économie de crédit, plus elles gagnent d’argent ! En dépit du bon sens qui voudrait qu’il y ait une limite à l’endettement de l’économie, la vertu ne peut pas exister dans le paradigme de la création monétaire par le crédit bancaire. En effet, quand bien même une banque refuserait de prêter (estimant dans une seconde de lucidité que l’économie est déjà trop endettée), une institution concurrente aurait bien rapidement compris l’intérêt à faire exactement l’inverse pour s’attirer de nouveaux clients et ainsi faire davantage de profit. Du coup, les banques injectent des crédits sans limite dans l’économie jusqu’à créer des bulles.

Le système est d’autant plus pervers que les personnes qui décident de l’octroi de crédits dans les banques sont encouragées à la prise de risques par des objectifs de profitabilité, des motivations financières ou tout simplement la peur du licenciement. D’autre part, l’ensemble des acteurs de la finance sont déresponsabilisés car les fautes et erreurs d’appréciations sont diluées dans la faillite systémique de l’ensemble de l’édifice financier. Tout le monde se justifie en rejetant la faute sur « les marchés » ou « la spéculation », et parfois sur les rogue traders…

Comment les banques centrales accentuent les crises
Le système de banque centrale censé réguler et contrôler de manière indépendante la masse monétaire n’est qu’une vaste farce. Bien loin de garantir une certaine stabilité monétaire, les banques centrales provoquent ou entretiennent bien souvent les cycles économiques faits d’expansions et de récessions successives.

La crise des subprimes par exemple, a largement été alimentée par la politique de bas taux appliquée par la FED dans le but de dévaluer le dollar et ainsi relancer les exportations américaines. En Europe, nombre de politiciens voulaient que la BCE agisse de même, alors que les taux étaient déjà bien trop bas pour certains pays comme l’Espagne et l’Irlande dont l’explosion de la bulle immobilière a été particulièrement dévastatrice. En Islande, la politique monétaire de taux élevés a aussi été désastreuse, encourageant les banques du pays à profiter du carry trade sur la couronne islandaise, et exposant ainsi le pays à de fortes pertes bancaires une fois la bulle éclatée. Enfin, il ne faut pas non plus oublier que le peso argentin était fixé au dollar américain, provoquant une appréciation insupportable du cours de la devise argentine pour son commerce extérieur.

En fait, les politiques monétaires entretiennent des cycles économiques de récession et de croissance bien connus des économistes et des salles de marché : en période de croissance, la banque centrale augmente petit à petit ses taux pour limiter l’inflation, jusqu’à provoquer un étouffement du système financier qui a alors trop endetté l’économie. Alors, la banque centrale réduit massivement ses taux pour éviter la récession et ainsi redonner des marges de manœuvre aux banques et ainsi de suite.

Les interventions des banques centrales sont devenues tellement prévisibles qu’il n’est pas difficile d’en tirer profit lorsque l’on manie de grosses sommes d’argent et que l’on a un pouvoir de marché (voir le schéma ci contre). Le problème c’est que cela crée un mouvement de balancier qui déstabilise le reste de l’économie.

Pendant un temps, les ménages ou les entreprises s’endettent malgré les forts taux (par anticipation de croissance), puis lorsque l’économie se retourne, ces mêmes personnes se retrouvent étouffées par le poids de leur échéanciers, tandis que d’autres peuvent alors profiter de la baisse des taux pour s’endetter pour peu cher. Le préjudice est aussi non négligeable pour les épargnants : ceux-ci pensent placer judicieusement leur argent en période de croissance, puis tout s’effondre et ils perdent leurs économies (lorsque celles-ci étaient censées leur payer une retraite, ça fait mal…).

La dette n’est pas un choix


A chaque crise, on fait tout pour éviter que la récession ne soit trop forte, alimentant ainsi l’illusion que le système peut se perpétuer sans ajustement sur la richesse des individus. Mais ce qui se passe vraiment, c’est que l’on ne fait que résoudre le problème en empilant plus de dette sur le dos de l’État et de l’économie en général, escomptant un retour impossible de la croissance pour rembourser tout ça.

La réalité, c’est que le système monétaire ne peut fonctionner sans dette, puisqu’il repose sur le concept que la monnaie est de la dette. En fait, si vous remboursez toute la dette, et il n’y a tout simplement plus de monnaie dans l’économie.

D’où le fétichisme de la croissance…


C’est pourquoi la dette ne fait que grossir année après année. Et cela a une implication lourde sur l’orientation économique des décisions politiques. Comme 90% de la monnaie est de la dette, et que les états se sont interdits de créer de la monnaie de base, d’où vient la monnaie qui permettra de rembourser les intérêts assujettis à la dette ? C’est le « paradoxe des intérêts manquants » : pour que l’économie dans son ensemble puisse rembourser les intérêts, et évite une faillite générale, il faut que la monnaie tourne toujours plus vite dans l’économie.

Par conséquent, dans ce paradigme, la seule solution qui permet théoriquement de s’en sortir sans crise, c’est la croissance économique, malgré toutes les absurdités que son obsession provoque.

Tout le monde est perdant


Je t’endette, tu m’endettes, le premier qui ne rembourse pas aura une tapette !

Nous jouons dans un jeu à somme négative. Comme l’explique très bien la vidéo ci dessous, un tel système est par nature autodestructeur, puisqu’il instaure de facto la règle selon laquelle pour s’enrichir, un acteur économique doit nécessairement en couler un autre en l’endettant. Même les gagnants (en gros : les banques) se voient in fine privés de leurs facteurs d’enrichissement : leurs partenaires économiques, qui, croulant sous la pauvreté endettée, ne peuvent plus créer de richesses avec eux (comme nous le voyons aujourd’hui avec l’inefficacité des quantitative easing de la FED).

So what’s next ?


Après avoir achevé de surrendetter l’ensemble de l’économie au profit de quelques uns (qui se rendent aujourd’hui compte que ce système est sur le point de provoquer leur propre chute), le jugement est sans appel : le système monétaire est en très grande partie responsable de l’instabilité financière, des inégalités de richesse, et de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Aujourd’hui, ce système est en bout de course car il a été accaparé par un cartel privé très puissant qui l’utilise pour son propre profit. Les intérêts de ce cartel ne sont plus en adéquation avec l’intérêt général, car le secteur bancaire est trop concentré, maîtrisé par une poignée de maîtres du monde. Il n’y a pas le choix : il faut couper l’herbe sous le pied de l’oligarchie bancaire.

C’est pour cela que certains voudraient séparer les banques de dépôt et d’investissement comme cela était fait avant et injecter plus de concurrence dans le marché. Mais comme nous le voyons ici, cela ne saurait suffire à désamorcer la logique destructrice du système.

En effet, le système est surtout enraillé car il est intrinsèquement construit comme une gigantesque pyramide de Ponzi, qui nécessite de créer toujours plus de dette pour rembourser celle déjà contractée. Mais la cavalerie ne peut durer indéfiniment que sous certaines conditions : une population asservie, soumise par une oligarchie qui accepte néanmoins de réinvestir en permanence sa richesse dans le système afin de ne pas briser la chaîne (c’est la situation du Japon depuis les années 90).

Déjà dans les années 20, des économistes comme Clifford Hugh Douglas ou Irving Fisher dénonçaient l’arnaque de la dette. D’autres les ont suivis plus tard : Maurice Allais, Still Bill, Murray Rothbard, Paul Grignon, pour n’en citer que quelques uns… Même le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre s’est déclaré favorable à une abolition des réserves fractionnaires.

Et si, manifestement, il n’a pas suffit de le dire pour que les choses changent, il y a néanmoins une chose qui me fait penser que l’évolution est inéluctable : on peut aujourd’hui faire mieux.

Comme je le disais dans mon précédent article ce système s’est imposé lors de la transition entre les monnaies métalliques et les monnaies fiduciaires, car ce système était un moyen très efficace pour accélérer la circulation des ressources financières et ainsi accélérer les échanges, la production et donc la croissance et le progrès. Ce système a été maintenu en place depuis car nous n’avions pas moyen de faire mieux. Les défenseurs de la création monétaire par les banques vous disent par exemple que limiter cette création monétaire (comme le stipulent par exemple les accords de Bâle III) freinerait la croissance.

De plus, les solutions du style « grand retour en arrière » comme le retour à l’étalon or, de la planche à billet étatique, ou le free banking semblent aujourd’hui bien peu crédibles. En effet, confier le monopole de la création monétaire aux États seuls ou aux banques privées, voire empêcher toute création monétaire via l’étalon or sont des solutions extrêmes qui ont bien peu de chances d’être applicables et/ou acceptées démocratiquement. Et pour cause : elles posent davantage de problèmes qu’elles n’en résolvent. Il faut donc voir plus loin, tirer les conclusions des échecs du passé pour imaginer le modèle du futur.

(…)

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