De la violence à la persécution, femmes migrantes sur la route de l’exil

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  La violence subie pas les femmes migrantes

Copié/collé - Extraits

http://www.ifuw-forums.org/blog/2011/06/15/la-violence-subie-pas-les-femmes-migrantes-fr/ 

Smaïm Laacher, sociologue au Centre d’étude des mouvements sociaux (CNRS-EHESS) a travaillé sur les violences faites aux femmes pendant les voyages clandestins dans les pays suivants : Algérie, Maroc, France, Espagne. Cette enquête sur plusieurs mois a été réalisée sous l’égide du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies.Il a pu constater que les femmes subissant des violences dans leur propres pays comme un viol, pourrait avoir à quelques kilomètres plus loin une qualification différente entrainant un statut autre. Pourtant quelle est la différence entre un viol dans son pays d’origine et celui commis pendant le voyage de fuite de ce pays donc à l’étranger. Le premier serait un acte de violence, indépendamment de tout autre motif, l’agresseur emploie la force pour contraindre, dans le but de violer pour violer. Dans le deuxième cas, à la violence du viol, s’ajoute une persécution car un motif existe, un motif fondé sur des causes politiques, idéologiques, raciales, religieuses. Ces causes renvoient aux catégories du droit existant, particulièrement pour le droit d’asile. L’universalisme de cette étude permet d’extrapoler pour les réfugiés du monde entier (Smaïm Laacher, De la violence à la persécution, Les femmes sur la route de l’exil, La Dispute, 2010).

La question essentielle est de savoir si la violence faite aux femmes peut s’analyser en persécution. Les viols d’épuration, l’esclavage sexuel, les mutilations génitales, la lapidation, les mariages forcés, la prostitution ne concernent qu’un genre pour l’essentiel, qu’une partie de l’espèce humaine, les femmes. C’est un enjeu politique majeur car selon la réponse, on inclut ces violences faites aux femmes dans le système légal ouvrant droit à la protection ou on les exclut du droit à la protection. Dans ce dernier cas, des centaines de millions de personnes dans le monde sont démunis de droit. La manière dont on traite l’étranger est d’ailleurs un indicateur fort sur la xénophobie, le racisme d’une société.Ainsi des femmes sont agressées, violées pendant le parcours d’un pays à l’autre. Certains prétendent que la Convention de Genève de 1951 ne s’applique pas à ces femmes, déjà persécutées chez elles. Si on leur donne une protection, les états craignent qu’elles se disent toutes violées et persécutées. L’idéologie dominante actuelle affirme que la violence n’est pas de la persécution.

Ainsi, la violence subie dans son pays d’origine ou à quelques kilomètres de la frontière du pays d’accueil, si elle est bien la même, aura des conséquences juridiques différentes. Humainement, la femme subira le viol puis une exclusion d’une vie normale. Lors du voyage, les femmes violées sont désormais « sales », elles ne peuvent plus se mélanger aux autres femmes « propres », elles sont repoussées par tous, leur réputation les précède et les poursuivent. Elles deviennent bien souvent des prostituées car une union légitime leur est interdite. Si les Etats ne veulent pas séparer la violence de la persécution c’est que la violence n’a pas recours à un motif, elle peut se déployer sans raison, comme un effet de la souveraineté du plus fort. Alors que la persécution a recours aux catégories du droit, à la différence. Nos efforts doivent porter sur la reconnaissance de la persécution dont ces femmes sont trop souvent victimes.

Anne Nègre
Vice présidente IFUW
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